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MessageSujet: "Fais moi sourire, au beau milieu d'un requiem" - Katha Mar 16 Mai - 14:53
Amarante
Toute sa ma vie, j'ai eu peur de la mort. Je ne voulais pas qu'elle me fauche du jour au lendemain, laissant derrière moi, tout ce à quoi je tenais. Je ne voulais pas disparaître sans avoir pu réparer mes erreurs. J'étais effrayé par l'idée de souffrir et de me retrouver seul pour l'éternité. Pourtant, maintenant qu'elle est toute proche, je ne la considère plus comme une froide ennemie. Une entité maléfique et disposée à me faire souffrir. Je l'attends patiemment, presque conscient de son inexorable avancée. Comme si, j'étais prêt depuis longtemps, comme s'il n'y avait rien de plus évident. Personne ne peut y échapper, c'est ainsi, c'est le prix de la vie. Arceus nous rappellera un jour ou l'autre à ses côtés, même si nous espérons tous plus ou moins que ce sera le plus tard possible.
C'est ce que j'aimerai pouvoir affirmer. Je voudrais y croire, mais j'en suis incapable.
J'avance péniblement, manquant de chuter plusieurs fois. Malgré tout ce que j'ai appris, toutes les blessures que j'ai soignées, les maladies que j'ai guéries, les bébés que j'ai réconfortés. Je n'ai pas été capable de prendre soin de mon propre corps, pas plus que de demander de l'aide à un confrère ou une consoeur. Au début, je ne voulais pas croire qu'une simple plaie pourrait empirer. Ça ne pouvait pas arriver, pas à moi, pas avec mes connaissances. J'ai largement sous-estimé l'étendue du problème. Barrant mon flanc gauche, une longue ouverture à l'apparence presque anodine. Je pensais qu'elle se refermerait rapidement. J'ai beaucoup saigné lorsque je suis tombé contre un rocher lors d'un duel qui se voulait amical mais j'ai rapidement su maitriser la blessure, du moins, le pensais-je sincèrement à ce moment là.
Mais les choses se dégradèrent rapidement. Je commençais à être de plus en plus fatigué pour pas grand chose et mes côtes me lançaient à chaque mouvement. Comment pouvais-je deviner, que l'infection poursuivait sa route sous ma peau, puis dans mon sang ?

A bout de souffle, je m'arrête et m'adosse au premier arbre venu. Je regarde vaguement la rivière scintillante, à quelques mètres de là, poursuivre son cours, et ce, depuis des générations. Comme la feuille d'un arbre, je serai emporté. Balayé de l'existence. Et le monde ne cessera pas de tourner. Et les pokémons ne cesseront pas de vivre.
Je me recroqueville.

Il n'y a plus rien à faire à présent. Je ne peux qu'attendre la fin, me lamenter sur mon sort, et prier pour qu'Arceus m'ait pardonné et m'accorde une place à ses côtés. Je suis épuisé, vidé de toute mon énergie. Il y a tant de choses que j'aurai aimé faire avant de partir. Tant de secrets que j'aurai souhaité avouer. Tant de mots que je n'ai pas dis et qui méritaient pourtant d'être prononcés. Jusqu'à la fin, j'ai été trop sûr de moi. Jusqu'à la fin, j'ai menti à ceux qui m'entouraient en assurant que tout allait pour le mieux. Ce dont j'ai le plus peur, c'est de laisser la Confrérie sans Epsilon. Je n'ai jamais eu d'apprenti, jamais eu le temps de transmettre mon savoir. Pourtant, même si à l'origine je n'appréciais pas d'être considéré comme le guérisseur des Pugna, j'ai appris à respecter ce rôle. A respecter, ceux qui avaient besoin de moi. J'ai fini par m'y habituer, par aimer les écouter, aimer leur venir en aide.
Des larmes s'échappent du coin de mes yeux, traçant un sillage à travers ma fourrure. Peut-être n'est-ce que justice. Être dévoré par la maladie comme j'ai été rongé par la haine et la jalousie et ce, durant toute ma vie.
Attendre de mourir, c'est effrayant.
C'est ma dernière épreuve, et je devrais la traverser... seul



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MessageSujet: Re: "Fais moi sourire, au beau milieu d'un requiem" - Katha Sam 27 Mai - 4:30
Judicaël
« La mort demanda à la vie : « Pourquoi les gens t'aiment tant et moi, ils me détestent ? »
La vie répliqua : « Parce que je suis un merveilleux mensonge. Et toi, une triste réalité... » »

[Résumé de la pensée de Jude alors qu’il fait face à Ama’ agonisant…]


Elle est horrible, cette sensation. Cette sensation que quelque chose d’extrêmement important vous échappe. Vous le savez. Vous le sentez. C’est ancré au plus profond de votre être. Ça vibre, ça pulse, c’est puissant. Pourtant, il vous est impossible de mettre la main dessus. Vous savez qu’il y a quelque chose de grave. Vous savez que vous ignorez quelque chose que vous devriez savoir. Un fait qui devrait être une évidence. Quelque chose qui devrait être clair pour vous. Et non perdu dans les méandres de votre esprit. Vous cherchez à obtenir une réponse. Par tous les moyens. Cela vous taraude et vous ne pouvez pas vous empêcher d’y penser. On appelle cela : une intuition. Ou une impression. Une sensation. Un sentiment. La plupart du temps, cela peut être pour quelque chose de négatif. Et là, c’est autre chose qui monte en vous. La peur. L’angoisse… L’idée qu’il faut intervenir. Coûte que coûte. Mais comment ?

Tout cela… C’est ce que je ressens depuis que l’aube a pointé à l’horizon. Dès que l’astre solaire a pris sa place dans la voûte céleste, j’ai commencé à sentir que quelque chose n’allait pas. Que cette journée serait particulièrement plus difficile que les précédentes. Cette mauvaise impression s’est immiscée en moi pour ne plus me quitter. Il y a quelque chose d’irréversible qui va se produire. Un fait qui va changer ma vie à tout jamais. Je ne sais pas ce que cela peut être et honnêtement, c’est ce qui me fait peur. De plus, j’ignore si c’est ma position d’Epsilon qui me permet d’avoir de tels ressentis ou si c’est seulement une idée… Mais au fond, je crois que je ne tiens pas vraiment à le savoir. Après tout, l’ignorance est parfois préférable au savoir, bien que je ne sois pas très adepte de cette phrase. A mes yeux, la connaissance est quelque chose dont nous ne pouvons nous passer. Mais ceci est un autre débat qui ne sera pas aujourd’hui.

Toute la matinée et une bonne partie de l’après-midi, j’ai joué mon rôle. J’ai été le sage Epsilon, présent pour les autres membres des Ignis. J’étais au petit soin avec eux, guérissant petites plaies et autre blessures sans aucune réelle importance. Mais c’était ce que j’avais choisi. D’ordinaire, ce rôle, cette position, cela me plaisait. Je me sentais utile, avec des gens qui m’acceptent tel que je suis. Mais aujourd’hui, mon cœur n’est pas au travail. Il est ailleurs, vers une autre personne. Inconsciemment, il pense à quelqu’un. Et moi, je n’en peux plus. Je n’en peux plus de rester dans cette ignorance. Dans cette incertitude. Je ne suis pas à ce que je fais et ça, ce n’est pas moi. Il faut que je sache. Je dois savoir ce qui perturbe à ce point mon esprit. Je peux bien m’absenter une partie de la journée. Les autres Pokemons peuvent bien éviter de se blesser pendant quelques heures. Il faut que je parte, je le sens. Pas définitivement. Seulement le temps de régler cette histoire. Je veux savoir. Je prends mes clics et mes clacs, quelques rations, de quoi apporter des soins et je pars. Qu’Arceus guide mes pas…

Je ne sais pas où aller. Je laisse mon instinct me guider. Je fais confiance à mes pas pour me permettre de me rendre là où je dois être. Au bout de quelque temps de marche, je m’arrête et je lève la tête. Et là, je ne peux qu’être surpris en reconnaissant l’endroit où je me trouve. Je suis chez moi. Enfin… Je suis revenu sur mes terres natales. Celles des Pugna, la Confrérie qui m’a vu naître. Pourquoi ? Pourquoi me faire revenir maintenant ? Quelle tâche dois-je accomplir en ces lieux ? Et pourquoi un retour aussi prématuré ? Je n’ai pas envie d’y retourner. Je n’ai pas envie d’affronter le regard des autres. Ceux que j’ai abandonnés il y a tant de lunes. Sans les prévenir, sans les gratifier ne serait-ce que d’un au revoir. Je n’ai même pas envie de savoir s’ils m’en veulent ou s’ils n’y accordent aucune importance. Je veux juste repartir. Du moins, c’est ce que me hurle mon esprit rationnel. Mon sentiment un peu plus profond me dit que c’est là et que je dois continuer. Si je fais marche-arrière maintenant, je m’en voudrai tout le reste de ma vie et je ne pourrai pas me le pardonner. C’est la seule certitude que j’ai actuellement. Alors je respire un grand coup et je regroupe tout le courage que je possède. Et j’avance, sans me retourner. Comme jour-là. Comme le jour où je suis parti sans même lui adresser un regard. Mais cette fois-ci, dans le sens inverse.

Une fois de plus, je ne cherche pas à regarder où je vais. C’est ainsi que je me retrouve dans un endroit appelé : la rivière scintillante. Je n’ai croisé personne mais je ne me réjouis pas pour autant. Au contraire. Plus je progresse, plus je sens mon tambouriner à l’intérieur de ma poitrine. Et c’est là que la descente commence. C’est là que je l’aperçois… Cette silhouette recroquevillée, à quelques mètres de la rivière. Je ne réfléchis pas et je fonce dans sa direction, aussi rapidement que mes jambes me le permettent. Lorsque je reconnais le Pokemon blessé, mon cœur rate plusieurs battements à la suite alors que la panique commence à monter. « Non, non, non… ! » Il doit y avoir une erreur. C’est impossible que ce soit lui, n’est-ce pas ? Il peut y avoir d’autres Pokemons qui lui ressemble. C’est ce que j’essaie de me dire, pour me rassurer, indéniablement. Mais au fond de moi, je le sais. Je ne me trompe pas. C’est lui. Le seul être à me connaître par cœur. Le seul… Que je n’aurais jamais aimé voir dans un tel état. « Amarante… Je t’en supplie. Ne te laisse pas aller. Bats-toi. » Il n’a plus l’air d’avoir envie de lutter mais je ne peux pas le laisser ainsi. Il faut absolument que je tente quelque chose. N’importe quoi. « Je vais t’aider. Je vais soigner cette vilaine plaie. Résiste. Je t’en prie… » Je sors de quoi le soigner dans les quelques affaires prises en partant. Tout en commençant à fabriquer ce que je peux pour l’aider, je me rends compte que ce que je fais est peut-être stupide. Qui suis-je, après tout ? Oui. Qui suis-je pour croire que je peux l’aider, le guérir là où lui-même a échoué ? Il est un Epsilon, au même titre que moi. Nous avons des connaissances similaires… Alors, si lui n’est pas parvenu à se soigner ? Qu’est-ce qui garantit que cela fonctionne mieux avec moi ? Rien. Absolument rien. Pour la première fois de ma vie, j’ai peur. J’ai réellement peur devant cette impuissance. Devant ce fait qui s’impose alors à mon esprit. Je ne sers à rien. Je suis inutile. Dans la situation présente, c’est cette réalité qui me fait face.

« Parle-moi… » Ma voix est tremblante, fragile. Je suis démuni et j’ai horreur de cela. Je suis quelqu’un qui sait ce qu’il faut faire dans la plupart des circonstances. Sauf maintenant. Et ça ne me plaît pas. « Il y a des gens qui ont besoin de toi. J’ai besoin de toi… » C’est bien le moment d’ouvrir mon cœur… C’est bien le moment de tout lui balancer… Mais je ne peux pas le regarder agoniser et me taire. Parce que ces mots, je les garde enfoui depuis le jour où je suis parti. Quelque part, c’est lui le moteur de ce que je suis. Je suis devenu Epsilon en pensant à lui. Parce que je voulais me placer au même niveau. Etre l’égal de quelqu’un que je respecte et que j’admire. Pour sa ténacité, pour sa force, pour ses convictions. Alors non, il n’a pas le droit de partir maintenant… Pourquoi maintenant, Arceus ? Pourquoi le rappeler aujourd’hui auprès de toi ? Ce n’est pas juste… Mais la vie est injuste… « Tu n’as pas le droit de partir… Il ne faut pas… » Une douce prière. Que je sais vaine, au fond de mon être. Mais dans ces cas-là, quels sont les bons mots ? Existent-ils seulement ? Puis-je réellement faire autre chose, à part rester agenouillé à ses côtés ? J’aimerais tellement… S’il y a le moindre espoir, je t’en supplie, dis-le moi… Ne me laisse pas dans le doute…
C’est lorsque nous faisons face à la Mort que tout devient beaucoup plus lucide et que nous comprenons… C’est là que tout se révèle. Nos erreurs passées, nos doutes, nos regrets… Tous ces actes manqués qui ne pourront jamais être compensé…
Laisse-moi t’aider… Laisse-moi tenter maladroitement de combler toutes ces lunes d’absence… Laisse-moi t’aider à traverser cette dernière épreuve… Car tu n’es pas seul. Tu ne l’es plus. Et surtout, pardonne-moi. Pardonne mes fautes, mon Frère car je les reconnais. Et je les regrette. Sincèrement. Pardonne-moi. Et laisse-moi être à tes côtés, dans cet ultime voyage qui t’incombe.
Laisse-moi le jouer une dernière fois. Ce rôle de frère…

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