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MessageSujet: Parlons peu, parlons bien, parlons humain... [PV Flammy] Jeu 6 Aoû - 11:06
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Tamarix leva lentement la tête, peinant à émerger du sommeil profond dans lequel il était plongé. Il se frotta les yeux et bailla en s'étirant, les muscles endoloris par sa position. Il était assis dans l'un des fauteuils de la Bibliothèque, un livre posé sur les genoux. Il jeta un coup d'œil sur la couverture. " Guide des baies et noigrumes ". Il s'attarda un instant sur l'énorme baie Oran dessinée qui paraissait plus vraie que nature, puis il le rouvrit à la page où il s'était arrêté. Elle parlait des différentes propriétés des baies. La baie Pêcha élimine le poison, la baie Fraiz soigne les brûlures... Le Mistigrix referma le livre et remua ses épaules douloureuses. Il avait dû s'endormir penché sur le livre, comme ça lui arrivait souvent. Il se releva, abandonnant l'ouvrage sur le fauteuil et bondit au sol, où il fit quelques pas pour détendre ses muscles. Puis il se mit à déambuler dans la Bibliothèque, les yeux levés vers les rayonnages à plusieurs mètres au-dessus de lui. Pour immense qu'il soit, le bâtiment n'abritait qu'un ou deux milliers de livres, ce qui était peu comparé à certaines bibliothèques humaines. Plusieurs fois il s'était approché de leurs villes dans l'espoir que l'une de ces énormes construction soit consacré aux livres, mais pas une seule fois il n'en avait eu la confirmation. Il avait bien trop peur d'entrer dans les villes, ces endroits inconnus des Pokémon des Confréries. Mais il savait, pour avoir discuté avec des voyageurs, que ces endroits n'étaient pas entièrement hostiles aux Pokémon. Beaucoup y trouvaient leur compte ou y vivaient en harmonie avec les hommes. Tamarix grogna. Vivre avec les humains, quelle stupidité ! Être cloîtré dans une Pokéball juste pour assurer une soi-disant sécurité, alors que les hommes étaient des monstres qui les forçaient à combattre pour régler leurs comptes ? Franchement, qui pouvait aimer cela ?
Le Mistigrix s'arrêta devant un rayonnage qu'il observa attentivement, la tête penchée du côté gauche, presque à l'horizontale. Comme d'habitude, lorsqu'il se réveillait ici, ses pensées allaient n'importe comment en attendant qu'il trouve un autre livre à feuilleter. Tout en lisant les titres sur les dos des livres, il réfléchissait aux problèmes que leur causaient les humains, avec leurs Pokéballs et leurs objets maléfiques. Il n'en avait jamais vu et cela lui convenait très bien, mais il avait bien sûr entendu parler des Pokémon des Confréries qu'ils avaient attaqués. Selon les rumeurs, beaucoup avaient disparus et on avait même retrouvé des corps... découpés en morceaux ou brûlés, certains même gelés. On avait aussi trouvé des traces d'explosions à certains endroits. Au début, il avait du mal à y croire. Comment des êtres sans le moindre pouvoir pouvaient-ils tuer des Pokémon ? Mais lorsqu'il avait su qu'ils exploitaient des Pokémon et les faisaient combattre contre leurs congénères, lui aussi s'était mis à les détester. Il avait aussi entendu parler d'une attaque contre les humains pour libérer leurs esclaves, mais c'était du vent. Les humains étaient trop nombreux et leurs Pokémon étaient trop attachés pour s'en défaire. Quelle tristesse...
Tamarix s'arrêta devant un gros livre à la couverture noire. Utilisant ses pouvoirs psychiques, il le retira de la rangée et observa la couverture. Seul le titre y était inscrit : " Maladies mentales et troubles psychiques chez les humains ". Il sourit. Comme quoi, on pouvait trouver n'importe quoi dans cette Bibliothèque. Il rejoignit son fauteuil, repoussa le livre sur les baies sur le côté et s'assit, l'ouvrage sur les genoux. Il commença à tourner les pages, fronçant les sourcils en découvrant des maladies qu'il n'aurait jamais osé imaginer. La schizophrénie, la dépression, les troubles de la personnalité... Mais le pire, ce n'était pas certains noms imprononçables, c'était les symptômes. Certains humains avaient besoin que tout soit parfaitement net et classé, de répéter plusieurs fois le même mots, et d'autres étaient incapable d'aligner la moindre phrase et avaient des sautes d'humeur violentes. Certains étaient même tellement malades qu'ils se suicidaient !

" Eh bah, souffla-t-il en reculant dans son fauteuil, c'est super violent d'être un humain... Heureusement que nous, on est pas comme ça... Quoique, les Voltorbe et les Electrode sont bien kami... kamikazes. Ouaip, on a du bol de pas être comme eux. "
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MessageSujet: Re: Parlons peu, parlons bien, parlons humain... [PV Flammy] Dim 9 Aoû - 14:47
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Souvent, les cieux prennent un jour que nous n’avions pas connaissance la veille ; les nuages se profilent, bas ou hauts dans un ordre plus ou moins aléatoire qu’eux seuls décident. Et ce jour-là, le vent était absent, comme s’il s’eût été rendu à un congrès important. Il y avait néanmoins les courants, mais ils étaient si bénins qu’à peine je les avais ressentis. Alors, je planais. Si tant est qu’il y eût des dresseurs, quelque part, ils m’auraient certainement pris pour un de leurs cerfs-volants inutiles. Je ne savais pas grand-chose sur eux ; à quoi bon ? Cela se fût-il révélé utile un jour ? Probablement pas, pas même au temps de nos aïeuls, pour autant que je le sache. Les airs étaient calmes ces temps-ci, peut-être que la canicule s’abattait violemment sur les terres embrasées et même ailleurs, ici-bas.

Le paysage défilait dans un rythme morne, le terrain plat se succédait comme s’il s’ennuyait de voir toujours les mêmes personnes le fouler. Au moins, personne ne se risquait à voler à ma hauteur. Ou bien ils s’asphyxieraient, car l’oxygène y était rare – mais, connaissant les méfaits de la fumée et des acides, cela ne me troublait guère, et ajoutez à cela mon habitude de découvrir les parcelles aériennes – ou alors… eh bien, ils n’allaient pas jusque-là, tout simplement. Ça n’avait pas grand intérêt. Mieux valait chercher de la bouffe en contrebas, ou se battre à loisir. Et dans le cas présent, j’étais seul, je ne prenais pas le risque d’être inutilement repéré.

Je n’aimais pas user de mes flammes en temps normal, mis à part pour quelques problèmes techniques – à savoir, roche trop coriace qui bouchait les passages dans les volcans, ou bien le simple fait de cuire quelques baies bien mûres. Ce qui ne faisait de moi, cependant, et en aucun cas, quelqu’un de faible voire de lâche. La provocation ne me touchait guère, mais que l’on piétine allègrement mon honneur me déplaisait. Évidemment. C’était là le tourment de tout pokémon. La sagesse, peu acceptée dans ce bas monde, donnait l’image d’une personne vulnérable ; la vertu ne se trouvait pas dans cette conclusion absurde. Et même, grand bien leur fasse de le penser ! Ma race avait du caractère et ne manquait pas d’impressionner – d’abord par sa carrure imposante, et ensuite par ses attaques graciles et réfléchies. Certains diraient :

« Nous, on se bat avec nos griffes, pas avec des mots. »

A cela ma mère aurait répondu :

« Imbéciles ! A quoi pensez-vous, bande d’hypocrites, avez-vous perdu la raison ? Votre valeur ne se trouve pas dans vos innés physiques, même si cela ne serait pas pour vous déplaire. En dépit de votre insolence, vous n’avez pas le crâne creux, ou alors vous ne sauriez même pas ce qu’est une baie Oran. Du moins, je l’espère, car vous êtes plutôt mal partis. »

Cette pensée m’arracha un sourire, qui s’élargit tant et si bien qu’un léger grondement sourd s’échappa de ma gorge. Lorsque je riais, les gens ne comprenaient pas ce qu’il m’arrivait. Stupide ! N’avaient-ils pas étudié les comportements divers à la Bibliothèque ? Lorsque ma mère fût morte, mon père m’avait dit ces mots :

« Écoute-moi Nacarat, ce que je vais te dire est important et tu ne dois pas le négliger. Ta mère… » il avait marqué une pause, le souffle court, puis reprit d’une voix plus assurée : « Ta mère aurait voulu t’instruire, t’enseigner une voie dont elle seule en a le secret. Tu devras donc la trouver par toi-même, car les découvertes que tu feras ne pourront que t’apprendre de nouvelles manières de considérer tes égaux. Comprends-tu ? »

A cela s’ajoutait le sous-entendu que la connaissance ne pouvait m’être que bénéfique. J’avais immédiatement pensé à ce vaste recueil des mémoires et des acquis, tous confinés dans des livres spécifiques. Ceux qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez, ou qui se considéraient comme des êtres suprêmes allaient consulter la meilleure façon de faire cuire une baie Ceriz, voire de l’utiliser. Bien sûr, très prisée, la baie Oran devait absolument nécessiter une connaissance accrue de la manière dont on pouvait la consommer…

Non, ceci était une blague de mauvais goût.

Brièvement, on pouvait feuilleter quelques pages et se dire « Ah, oui, d’accord. Intéressant. Bon, c’est pas tout ça, mais y a des gens que je peux facilement buter dans le coin. ». Mais attention, ne pas se salir les pattes, cela allait de soi. J’étais carnivore, j’étais donc forcé de me nourrir de proies faciles, comme le type insecte par exemple. Un bon chenipan au barbecue, c’était sympa non ? Ils étaient nombreux, et délicieux. Prenons autre chose… les Magicarpe. Un peu moins prompts à la digestion car leurs écailles étaient dures, mais je m’y étais fait. D’ailleurs, si je poursuivais sur ce champ, mon estomac crierait famine et ce n’était vraiment pas le moment.

La masse sombre d’une bâtisse apparut dans mon champ de vision. Une certaine aura se dégageait du territoire alentour, et je sus que j’avais pénétré dans l’antre favorisée des pokémons de type psy. J’amorçai une descente en esquissant de lents tourbillons, prenant garde aux courants défavorables.
Fière, massive, ancienne, la Bibliothèque tranchait la ligne d’horizon comme la lame effilée d’un poignard. Ses parois ne s’effritaient qu’à peine, même si des fissures éparses striaient sa surface çà et là. Le fin cadre d’une fenêtre au verre poli contrastait avec la pierre sombre qui constituait la noble bâtisse. Un chemin portant des milliers de traces diverses traçait une trajectoire rectiligne, reliant le monument au reste du territoire. Mes ailes, grandes ouvertes, subissaient la caresse de l’air ascendant, filant droit vers les nuages gris perle. Lorsqu’enfin je me posai, un bref sentiment de vulnérabilité me saisit. Moitié volant, moitié marchant, je m’avançai jusqu’à la grande porte autrefois laquée d’un noir d’ivoire dont les poignées en anneau en scellaient l’entrée. Je poussai lentement les battants d’une patte hésitante, et la porte tourna en grinçant sur ses gonds comme si elle rechignait à s’ouvrir. Le bruit courut le long des murs plongés dans l’obscurité, et mourut dans les étagères. Je plissai les yeux, mais n’y vis goutte. Je demeurai ainsi immobile sur le seuil tandis qu’une trouée – due à une fenêtre petite et basse, sans aucun doute – encastrée dans le mur projetait un cercle luminescent sur le sol, à une demi-lieue de là. L’interstice de la porte était trop mince pour laisser filtrer la lumière, alors je l’agrandis comme je le pus jusqu’à ce qu’un torrent se déverse et dévoile enfin ce que je ne voyais pas au début. Quelques nuages s’espacèrent alors ; le soleil déversa ses rayons d’ambre qui rebondirent sur les parois et illuminèrent le mobilier. Je m’avançai d’un pas plus confiant et entrai dans un véritable méandre d’étagères. Dans le pire des cas, si je me perdais, je pourrais soit ouvrir une fenêtre, soit me percher en haut des colonnes de bois, dont la surface plane n’atteignait pas le plafond voûté, soutenu par quatre immenses arches de pierre convergeant au point culminant de la Bibliothèque.

Je balayai d’un seul regard le couloir où je me trouvais. A certains endroits, de vieux fauteuils de velours vert malachite, rouge carmin voire noir de jais étaient enchâssés entre deux rangées de livres, coupant ainsi les planches de bois superposées en deux dans le sens de la longueur. Sans doute furent-ils disposés de cette manière dans un souhait de gain de place. De là où j’étais, j’apercevais des recueils nommés « Psychologie humaine » ou encore « Méthodes de dressage ». Je fronçai les sourcils. Les runes qui s’y trouvaient, écrites à l’encre noire, étaient précises et méticuleusement organisées. La couverture semblait étanche et, malgré toutes ces années à siéger parmi les plus anciens bouquins, l’objet avait gardé toute sa splendeur d’antan. La reliure était parfaitement intacte, les pages ne comportaient aucune trace de craquelure où que ce fût.

« Eh bah, c'est super violent d'être un humain... Heureusement que nous, on est pas comme ça... Quoique, les Voltorbe et les Electrode sont bien kami... kamikazes. Ouaip, on a du bol de pas être comme eux. »

Je sursautai. La voix provenait de derrière l’étagère où je me situais. Confus, je rangeai l’ouvrage avec moult précautions et me hissai par-dessus le rayonnage de bois usé, qui gémit légèrement en grinçant à cause de mon poids. Un instant, je crus que les fins cylindres verticaux qui reliaient les tablettes entre elles s’effondreraient. Mon absence de discrétion me fit réprimer un pincement de ma lèvre supérieure – parce que, finalement, elle n’était coupable de rien. Mais la philosophie de ce mistigrix m’intriguait, si bien que je me sentais obligé de rétorquer quelque chose.

« En quoi le fait de se sacrifier pour une cause différencierait ces êtres de nous ? Ne sommes-nous pas capables de le faire, nous aussi ? » quel idiot. J’avais violé son intimité. « Oh, excusez-moi. Je vous ai entendu, j’ai voulu m’immiscer dans ce sujet. »
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MessageSujet: Re: Parlons peu, parlons bien, parlons humain... [PV Flammy] Jeu 13 Aoû - 9:43
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Tamarix sursauta lorsqu'il entendit le rayonnage grincer derrière lui. D'un bond, il sortit du fauteuil, se retourna et s'immobilisa. Un Dracaufeu se tenait en équilibre à son sommet et le regardait. Les Pokémon Psy le contempla avec terreur. Un Pokémon Feu, au milieu de livres et de bois ! Il voyait clairement sa queue se balancer derrière lui, entre les livres, avec la flamme rouge qui brillait au bout. Un geste mal placé, et ils périraient tous les deux dans un incendie. Comme celui de son enfance.
Évoquer ces souvenirs lui donnaient toujours des frissons dans le dos. Il fit un pas en arrière, cherchant à s'écarter le plus possible du dragon, mais s'immobilisa lorsqu'il entendit ses paroles. Le matou fronça ses oculomoteurs, perplexe. Les êtres humains ne se sacrifiaient pas, ils étaient tous bien trop égoïstes pour cela ! Non, les kamikazes, ce qu'ils faisaient, c'était entraîner la mort de leurs semblables, parce que... Eh bien parce qu'ils étaient fous. Ce n'était pas plus compliqué que cela. Les hommes étaient des êtres totalement incompréhensibles ! Ils étaient jaloux des Pokémon, qui avaient des pouvoirs, et se débrouillaient comme ils le pouvaient pour égailler leur quotidien. Rien de plus !
Tamarix fronça le museau. Puis il sourit, d'un sourire gêné, en se grattant le crâne.

" Oh, ne vous inquiétez pas, ce n'est rien. Mais sinon... Vous pensez vraiment que nous sommes semblables à eux ? Enfin, je veux dire, nous aussi nous pouvons nous sacrifier, bien sûr, nous sommes des êtres pensants, mais se sacrifier en entraînant dans la mort ses semblables ? Lors d'une rixe, pourquoi pas, mais tuer des innocents ? Je ne pense pas qu'un Pokémon serait capable de faire une chose aussi atroce. "

Puis il baissa les yeux sur le livre qu'il tenait encore entre ses pattes. Il tourna une page, lentement, son attention totalement détachée du Pokémon Feu, qui pourtant l'avait fait frémir quelques instants plut tôt. En quelques secondes à peine, il avait disparu de son esprit, désormais occupé par ce qu'il lisait. Tamarix ouvrit de grand yeux ronds en déchiffrant la page. Puis, d'un geste brusque, il referma le livre, qu'il abandonna sur le fauteuil avec une moue de dégoût. Les humains... étaient vraiment répugnants ! Il se passa la patte sur les yeux, exaspéré  par ce qu'il avait lu. Puis il leva le museau, se rappelant du Dracaufeu.

" Vous êtes encore là ? Désolé, ça m'arrive parfois d'oublier que je parle à quelqu'un, c'est un peu, euh... bizarre. "

Il se frotta de nouveau les yeux, puis se rassit dans le fauteuil, écartant du bout de la patte le livre qu'il venait de poser.

" Sinon, je pense que vous feriez mieux de descendre de cette étagère, je ne pense pas qu'elle tiendra encore longtemps... "
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MessageSujet: Re: Parlons peu, parlons bien, parlons humain... [PV Flammy] Ven 14 Aoû - 12:24
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En effet, je crois que j’étais intervenu trop brutalement, si bien que le Mistigrix me jeta un regard paniqué – à mon humble avis, il s’inquiétait surtout pour les livres. Je me retins de laisser s’échapper une flamme rouge et vacillante de mes naseaux, comme je le faisais quand j’étais amusé. Inutile de l’effrayer davantage, surtout que je ne comptais pas abîmer les ouvrages entreposés dans la Bibliothèque. Ma queue me servant de balancier afin de garder l’équilibre, je m’assurai que le feu qui crépitait à son extrémité reste à la place où il était destiné ; loin de tout risque incendiaire.
Le pokémon sembla réfléchir quelques instants ; je patientai sans broncher. Tant que l’établi en bois tiendrait, je n’aurais pas à m’inquiéter. Il était solide.

« Oh, ne vous inquiétez pas, ce n'est rien. Mais sinon... Vous pensez vraiment que nous sommes semblables à eux ? Enfin, je veux dire, nous aussi nous pouvons nous sacrifier, bien sûr, nous sommes des êtres pensants, mais se sacrifier en entraînant dans la mort ses semblables ? Lors d'une rixe, pourquoi pas, mais tuer des innocents ? Je ne pense pas qu'un Pokémon serait capable de faire une chose aussi atroce. »

Ah, il fallait aussi remettre les choses dans leur contexte. Voilà pourquoi ses paroles m’étonnaient. Je n’avais entendu que la fin d’une présumée tirade, donc ma remarque en était quelque peu déplacée. Mais le Mistigrix avait raison. De mon point de vue, en tous cas. Nous nous sacrifions lorsque cela était nécessaire, sans pour autant entraîner autrui dans l’au-delà. Peut-être que d’autres penseraient différemment, mais je me demandais alors quelle serait leur philosophie… réfléchie ? Bâclée ? Infondée ? Parfois, on n’arrivait simplement pas à se faire une idée sur tel ou tel sujet… il ne fallait pas en avoir honte, mais cela amenait à une réflexion plus poussée, que je ne pouvais que conseiller d’adopter dans les plus brefs délais. Un pokémon sans philosophie, c’était… comment qualifier cela… peut-être pas impossible, mais ce serait comme s’il manquait un chaînon important à l’âme de ce dernier. Je me demandais comment on pouvait vivre sans, d’ailleurs.

Le Mistigrix replongea dans son livre, l’air absent. L’étagère ne bronchait toujours pas, mais il faudrait que je songe à y descendre, soit pour poursuivre sur une autre discussion, soit pour répondre – mais m’écouterait-il ? – soit… pour prendre congé et m’en aller. Ce que je trouvais désagréable et impoli. J’allais retenir son attention, quand il parcourut l’ouvrage à pleine vitesse, les pupilles écarquillés devant des runes qui racontaient sans doute des horreurs pour lui, puis s’en débarrassa, comme si cela avait complètement retourné son esprit. Il leva à nouveau des yeux, hagards, vers moi, puis :

« Vous êtes encore là ? Désolé, ça m'arrive parfois d'oublier que je parle à quelqu'un, c'est un peu, euh... bizarre. Sinon, je pense que vous feriez mieux de descendre de cette étagère, je ne pense pas qu'elle tiendra encore longtemps... »

Étouffant un grommellement en constatant qu’il n’avait pas tort de le faire remarquer, je laissai enfin les superpositions de bois respirer en leur ôtant mon poids. Je touchai terre sans faire le moindre bruit, les ailes repliées contre mes flancs, et répondis avec humour :

« L’étagère est saine et sauve ! » je me retins de faire une mimique qui m’aurait quelque peu coûté de l’honneur, puis poursuivis plus sérieusement : « Je n’avais entendu que la fin de votre phrase, je comprends maintenant votre point de vue. Les hommes sont étranges, mais ne pensez-vous pas que nous le soyons également à leurs yeux ? Nous avons chacun nos codes, et nos pensées sur autrui divergent forcément. Rien n’effacera cependant les actes cruels de ces bipèdes à la peau de coquille d’œuf. Peut-être sommes-nous plus civilisés qu’eux. » un mouvement attira mon attention quelques instants, sans doute un autre lecteur dans un rayon voisin. Je repris « Je ne comprendrai cependant jamais comment les pokémons apprivoisés par ces créatures peuvent apprécier la vie avec eux. Il y a un prix à payer pour la liberté ; il se pourrait qu’ils l’aient reniée sans dépenser le moindre sou… ! »
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MessageSujet: Re: Parlons peu, parlons bien, parlons humain... [PV Flammy]
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Parlons peu, parlons bien, parlons humain... [PV Flammy]
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